Les pommes d'or du soleil, un recueil de 22 nouvelles de Ray Bradbury



Que dire de Ray BRADBURY… C’est un auteur que j’apprécie énormément : une écriture toujours aussi agréable à lire, des réflexions qui demandent qu’à être poursuivies. C’est pourquoi, juste après avoir lu son œuvre L’Homme Illustré, j’ai enchaîné avec son recueil de nouvelles, Les pommes d’or du soleil, dont le titre m’interrogeait. 
            Et si un monstre marin répondait à l’appel lancinant d’une corne de brume ? Et si se promener seul dans votre ville vous valait des problèmes avec la police ? Et si vous receviez la visite de la sorcière d’avril ? Et di vous deviez partir demain pour Mars ? Et si vous tuiez un homme à mains nues ? Et si vous étiez l’inventeur d’une étrange machine volante ? Et si vous étiez confronté à un assassin de téléphones et de télévisions ? Et si votre fusée faisait route vers le soleil ? Et si… 
            Et oui, vous l’avez compris avec ce résumé officiel, présent sur la quatrième de couverture dans la collection Folio SF, ce recueil regroupe différents genres de la littérature. D’ailleurs, c’est ce qui m’a un peu déçu. Je m’attendais à davantage de nouvelles appartenant au domaine de la science fiction, car c’est en lisant pour la première fois Les Chroniques martiennes de Ray Bradbury que j’ai découvert cet auteur. De plus, ce recueil est apparu dans la collection Folio SF.
            Heureusement, cette déception a été de courte durée. Car je n’ai pu résister au fait que Bradbury arrive à captiver ses lecteurs tout au long de la lecture de ses nouvelles. En relisant le résumé de la quatrième de couverture, je me rends compte que les nouvelles évoquées sont, la plupart du temps, les nouvelles qui m’ont marquées le plus.
            Saviez vous que nous ne pouvons plus nous promener dans les rues de notre ville que nous apprécions tant ? Si cela nous arrive nous risquons de rencontrer une voiture de police robotisée, tout comme le personnage de la nouvelle "Le promeneur". Et si vous rencontrez cette patrouille, il se peut qu’elle passe devant chez vous et ne s’arrête pas pour vous ramener chez vous. Vivant en campagne et aimant me promener dans les chemins, j’espère vraiment que cette nouvelle ne se réalisera jamais. Ce serait nous enlever une liberté, celle d’aller et venir là où nous le souhaitons. 
            Saviez vous que nous pouvions devenir complètement fou en voulant nettoyer les traces qui nous accusent d’un meurtre. C’est ce qui se passe pour le personnage de la nouvelle "Les fruits au fond de la coupe". Ce dernier essaye de se rappeler tout ce qu’il a fait avant de commettre le meurtre. Il veut effacer toutes ses empreintes présentes sur les murs, les portes, les objets. Cependant, en voulant tout effacer, il en devient fou car il se met à tout nettoyer : les plafonds, les lustres, les objets qu’il n’a absolument pas touché, comme "les fruits au fond de la coupe". Cette manie de vouloir tout nettoyer devient très vite stressante lors de la lecture. Lorsque j’étais en train de lire cette nouvelle, je n’avais qu’une envie, c’était qu’elle se termine et vite. Pas parce que je ne l’appréciais pas, non, mais parce que je stressais face à la folie du personnage, je voulais le secouer, lui dire d’arrêter. Tout simplement parce que je voyais les pages se défiler et je présentais l’arrivée imminente de la police, venant arrêter le meurtrier qui était en train de laver une pièce où il n’avait jamais mis les pieds.
            Heureusement, après tout ce stresse, vient un moment de détente et de rigolade avec "Le garçon qui était invisible". On y retrouve un jeune garçon qui pense qu’une sorcière l’a rendu invisible. Il profite de cet avantage mais sur la fin, il est triste car il pense que sa famille ne pourra plus jamais le voir.
           Il y a deux autres nouvelles que j’ai beaucoup appréciées. "L’Assassin" qui raconte les dégâts causés par le personnage principal sur les nouvelles technologies. Ce dernier ne supporte plus la présence des téléphones, de la télévision, de la radio, etc. Pour lui, nous passons trop de temps au téléphone, nous ne prenons plus de temps pour nous. Enfin, avec  "Un coup de tonnerre" nous prenons conscience qu’il ne faut pas remonter le temps pour changer un événement, sinon, c’est notre époque que nous changeons. Eckels l’a correctement compris. Lui qui voulait tuer un Tyrannosaurus rex, changera son époque seulement en écrasant un petit papillon. Ce fait a eu pour conséquence l’élection d’un président dictateur et un changement dans l’écriture de sa langue. Ceci nous fait comprendre que chacun de nos faits et gestes auront une conséquence sur notre avenir.
            Je vous rassure, les autres nouvelles m’ont plu aussi. Mais je ne peux pas tout vous dévoiler. Sachez que j’apprécie toujours autant l’écriture poétique de Ray Bradbury, ainsi que sa façon de faire passer des messages sur notre façon de vivre. Cependant, j’ai trouvé certaines nouvelles un peu ennuyantes, notamment parce qu’elles ne faisaient pas parties du genre de la science-fiction. Elles sont au nombre de deux ou trois sur un recueil de 22 nouvelles.
            En tout cas, je vous souhaite de découvrir ou de redécouvrir ce recueil de Ray Bradbury. Vous n’en serez pas déçu ! Sûr ce, je vous souhaite une bonne lecture !

Fiche technique :  


- Titre : Les pommes d'or du soleil
- Auteur : Ray BRADBURY
Editeur : Folio SF
- Paru le 27 Mai 2011
- 352 pages
- 6,95€
- Extrait :
   Les bras perclus de crampes, les yeux exorbités et bouffis de fatigue, il se traînait à présent sur ses jambes qu'il ne sentait plus, tête basse, laissant ses mains frotter et récurer sans relâche, de chambre en chambre, de placard en placard...
     On le trouva à six heures trente du matin.
     Sous les combles.
   La maison étincelait de la cave au grenier. Les vases luisaient comme des étoiles de cristal. Les chaises arboraient une patine sans pareille. Les bronzes, les cuivres et les laitons brillaient comme à la parade. Les parquets lançaient des étincelles. Les rampes d'escalier reluisaient.
    C'était une féerie de lumières et de reflets, une apothéose de brillance !
   On le trouva sous les combles, en train d'astiquer tout un bric-à-brac de vieilleries : des malles, des cadres, des chaises, des petites voitures d'enfant, des jouets, des boîtes à musique, des vases et des couverts, des chevaux à bascule, et jusqu'à des vieilles pièces de monnaie datant de la guerre de Sécession. Il en était déjà à la moitié lorsque l'agent de police surgit derrière lui, un revolver à la main.
    "C'est fini !"
   Sur le seuil de la maison, alors qu'on s'apprêtait à l'emmener, Acton astiqua pour finir la poignée de la porte d'entrée avec son mouchoir et, rayonnant de fierté, claqua lui-même la porte derrière lui.

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