Chronique : Vienne la nuit, sonne l'heure de Jean-Luc Bizien


Il y a des périodes comme ça où je n’ai qu’une envie c’est de stopper ma période lecture de l’imaginaire. Le plus souvent je me lance alors vers un autre genre que j’aime bien : le policier. Soit un petit écho pour toutes les séries télévisées que je regarde, qui sont la plupart du temps des séries policières.
 
Je me suis procurée Vienne la nuit, sonne l’heure de Jean-Luc Bizien pour me réconforter de la période révision du concours écrit. Pourquoi ce roman policier ? C’est simple, à Noël, en écoutant les conseils de la libraire, j’ai offert à ma belle-sœur l’un des romans policiers de Jean-Luc Bizien. La libraire m’en disait tellement de bien, que j’ai eu envie de tester moi aussi.

Qu’est-ce que la violence ? Une question singulière à laquelle l’aliéniste Simon Bloomberg va chercher à répondre… pour son plus grand malheur. Au fil des jours, les troublantes confessions de ses patients révèlent leur part de cruauté la plus sombre. Dès lors, le praticien est plongé à son tour dans un tourbillon de fureur, au risque de se perdre lui-même ay cœur des ténèbres.
Quand un psychiatre est pris dans l’engrenage de la violence.

Il faut savoir que c’est le premier roman policier se déroulant à la fin du XIXème siècle que je lis. Vienne la nuit, sonne l’heure est aussi le troisième roman de la série « La Cour des miracles ». Sauf que je n’étais pas au courant de ce fait lorsque j’ai commencé à le lire. Mais aucune crainte ! Cela ne m’a pas du tout empêcher de lire ce roman et encore moins de l’apprécier ! En effet, chaque roman se focalise sur une enquête seulement, seul les personnages sont les mêmes. A part quelques échos aux deux premiers romans, cela n’empêche pas de comprendre les relations entre les différents personnages importants de cette série.

La particularité de ce roman, c’est que l’auteur, dès les premières pages (soit le prologue), présente le héros principal, l’aliéniste Simon Bloomberg, dans une mauvaise posture. Par la suite, Jean-Luc Bizien nous explique comment l’aliéniste tombe dans ce piège et comment il est sauvé.

Contrairement à la plupart des romans policiers dont le but est de trouver le meurtrier, Vienne la nuit, sonne l’heure s’interroge sur les raisons qui poussent les personnes à devenir violentes. Qu’est-ce qui pousse un homme à frapper sa femme ? Qu’est-ce qui pousse des hommes à s’entre-tuer ? Etc. De plus, le personnage principal est un aliéniste, c'est-à-dire un médecin et non un enquêteur...

Le style de Jean-Luc Bizien est très agréable à lire. En organisant son roman en petits chapitres, il donne un rythme intéressant à l’histoire. On peut suivre différents personnages tout au long de leurs aventures. L’action se déroule donc sur plusieurs fronts. C’est un roman où le personnage principal s’interroge énormément sur l’origine des actes : les siens et ceux des autres. Ce que j’ai trouvé intéressant c’est de partager les pensées de Simon à travers son journal intime. J’ai beaucoup apprécié ces passages, car l’auteur s’en servait pour faire part de ce qui s’était passé lors des éclipses présentes dans la narration. Ce qui est agréable aussi c’est que lors de ma lecture, j’ai éprouvé les mêmes doutes que Simon Bloomberg envers ses patients et le ou les responsable(s) du crime. Jean-Luc Bizien arrive donc à installer un doute qui empêche de connaître dès le début le coupable.

En parallèle, on suit les réflexions amoureuses de Sarah, la gouvernante de Simon Bloomberg, qui bouleverse les cœurs de plusieurs hommes… Ben, oui, c’est toujours intéressant d’avoir un peu de romance et d’amour dans un roman où la violence règne.

Vienne la nuit, sonne l’heure est donc un mélange entre enquête, psychologie, violence, poursuite et amour. Tous les ingrédients pour faire un bon roman, sans trop abusé sur l’un d’entre eux. Tout ce qu’il faut pour me plaire !

J’ai en effet passé un agréable moment à lire ce roman de Jean-Luc Bizien. Quelle tristesse de sentir la fatigue m’emporter alors qu’il restait qu’une vingtaine de pages… mais bon, quelque fois il faut être raisonnable.

En tout cas, j’ai beaucoup aimé Vienne la nuit, sonne l’heure ! un petit coup de cœur tout simplement. J’ai hâte de lire d’autres romans de cet auteur. D’ailleurs, si vous avez beaucoup aimé l’un de ses romans, n’hésitez pas à me le conseiller !


Et vous, vous en avez pensé quoi ?

FICHE TECHNIQUE :

Titre : Vienne la nuit, sonne l'heure
Auteur : Jean-Luc Bizien
Editions : 10/18 (juin 2012)
381 pages
8,40€
Extrait : L'allumette de sûreté, capricieuse, refusait de s'enflammer. Une seconde tentative, pourtant lente et appliquée, demeura infructueuse : une fois de plus, la petite baguette à tête de chlorate frotta le support nappé de poudre de verre sans s'embraser.
Simon Bloomberg réprima un claquement de langue excédé. Il s'efforça au calme, dans l'espoir de contenir la boule d'angoisse qui prenait naissance dans sa gorge. Après avoir rangé avec soin le grattoir dans la poche de son manteau, l'aliéniste passa la main sur son visage moite. Il dut s'éponger au revers de sa manche pour se débarrasser des gouttes de sueur qui brûlaient ses yeux.
Le médecin était transi de froid, mais suait d'abondance. Il grelottait, ses jambes étaient la proie de tremblements convulsifs et son cœur s'emballait...

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