Chronique : Eloisa James fait sonner le Douzième Coup de Minuit


Poussée par ma panne de lecture, j’ai décidé qu’il était temps d’un peu de changement. Je me suis naturellement dirigé vers la romance, un genre que je n’ai jamais vraiment abordé mais dont certains titres me plaisaient beaucoup. J’ai alors lu Au Douzième Coup de Minuit d’Eloisa James, un petit roman qui me faisait de l’œil depuis longtemps.

Reléguée au rang de simple servante depuis la mort de son père, Kate Daltry vit sous le joug de Marianna, dont la fille, Victoria, est destinée au riche prince Dimsdale. Or, souffrante, Victoria ne peut se rendre au dîner de leurs fiançailles. Il faut à tout prix trouver une demoiselle qui se fera passer pour elle ! Qu’elle le veuille ou non, ce sera Kate…

Au Douzième Coup de Minuit est le premier tome d’une série de réécriture paru sous le nom d’Il Etait Une Fois. Cet opus reprend le conte de Cendrillon de manière très libre, façon historique et intrigue de cour.

D’abord, j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur. Elle est fluide, agréable, légère même, ne s’embarrassant pas de descriptions superflu. Ça se lit tout seul. J’ai également apprécié le fait que les faits soient perçus de différents points de vue, principalement ceux de Kate, notre Cendrillon, et du prince, Gabriel. C’est assez audacieux de la part de l’auteure et les émotions des deux partis sont très bien perçues. Le récit en est d’autant plus riche.

Le rythme du roman est plutôt inégal. Je l’ai trouvé très long à démarrer. Les personnages sont rapidement mis en place, de même que le décor, mais il ne se passe rien d’exceptionnel dans les 100 premières pages. J’ai eu du mal à passer ce cap, après tout s’est débloqué. La tension devient de plus en plus forte entre Kate et Gabriel. Ils commencent par se détester pour mieux s’apprivoiser ensuite. J’ai trouvé certains passages extrêmement frustrants et particulièrement bien articulés par l’auteure. Les dernières pages ont été très difficiles à lâcher.

Les personnages sont très attachants. C’est ce qui m’a fait tenir au début. Kate et Gabriel sont intelligents et ont un fort caractère. Leur confrontation est parfois rude. Les personnages secondaires sont travaillés et complexe. J’ai adoré Victoria, la demi-sœur de Kate, Berwick, le majordome de Gabriel et la fameuse Henry, la marraine excentrique de Kate.

Toute l’histoire se base sur les intrigues de cour : qui veut/doit/peut épouser qui. Une note à la fin du roman nous informe que le coté historique est volontairement fou, mais que l’auteure nous informe qu’elle placerait Au Douzième Coup de Minuit au début du XIXème siècle, en Angleterre. J’ai aimé que le contexte ne soit pas bien définis, ce qui évite toutes les maladresses et incohérences historiques.

Le mythe de Cendrillon est quant à lui assez diffus. On retrouve quelques points : la méchante belle-mère, le bal, les pantoufles de verre. Toutefois, rien n’est suivi à la lettre. L’univers est beaucoup plus mûre, placé sous le signe de la tension sexuel. J’ai trouvé les scènes d’amour à la fois réalistes et très élégantes, une très bonne surprise pour moi qui ne suis pas du tout habituer à en côtoyer.

Pour résumé, je dirai que j’ai passé un bon moment, même si l’inaction du début m’a gêné. Ce n’est pas un roman parfait, mais il a été très agréable à lire, notamment grâce à la plume de l’auteure et aux personnages plus qu’attachants. Je ne pense pas qu’Au Douzième Coup de Minuit ne laissera pas une empreinte indélébile dans mon esprit, mais je ne regrette pas de m’être lancée.

Je lui ai mis :

FICHE TECHNIQUE :

Titre : Au Douzième Coup de Minuit
Saga : Il Était Une Fois (tome 1)
Auteure : Eloisa James
Éditions : J'ai lu (1 décembre 2012)
Collection : Aventures et Passions
343 pages
6,60€
Extrait :
— Vous n’êtes qu’un grossier personnage, siffla-t-elle entre ses dents.
— Étiez-vous vraiment obligée de vous montrer aussi violente ? gémit-il. Ce sont mes chaussures préférées !
Kate recula de quelques pas.
— Sans compter que vous êtes la personne la plus égocentrique que j’aie jamais connue !
— Et vous ? rétorqua-t-il. Savez-vous ce que vous êtes ?
— Une femme qui ne vous trouve aucun charme.
— Une exaspérante petite provinciale, rectifia-t-il.
Il fronça les sourcils. Il semblait si contrarié que c’en était presque comique.
— Vous avez l’air d’un épicier qui n’a pas reçu sa livraison de pommes de terre, dit-elle, prise d’un fou rire.
— Vous compareriez-vous à un sac de pommes de terre ? demanda-t-il d’un ton incrédule.
— Désolée, monsieur le Grand de ce Monde, mais nous autres Anglaises ne sommes pas là pour satisfaire vos moindres caprices. Vous ne pouvez pas embrasser qui vous voulez.

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