Coup de coeur : "La Tour" de Cécile Duquenne


Suivant les aventures d’écrivain de Cécile Duquenne sur Twitter, j’ai toujours été curieuse de découvrir son univers. Au mois de juin est sorti La Tour, un cours roman écrit en trois jours et autoédité (plus d’informations sur le blog de l’auteure, ici) dont la couverture ne m’a pas laissée indifférente. Acquis en aout, je l’ai presque tout de suite sorti de ma PAL, l’occasion de me lancer était trop belle. J’ai adoré ma lecture !

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu'elle se trouve au sous-sol d'une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d'en sortir est de monter jusqu'au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l'ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués…
Et les révélations.
Car Jessica n'a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l'envie de se venger prend le pas sur l'envie de s’échapper…
Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?

La Tour est un roman qu’il est assez difficile à classer. C’est à la fois un thriller, un survival, de la science-fiction et du Young Adult. Vous me direz que les quatre ne sont pas incompatibles, mais les cas sont assez rares pour être soulignés. Je dois avouer que je n’avais jamais lu une histoire pareille : elle est très originale sous bien des aspects.

D’abord, l’univers de La Tour est très sombre. On est plongé dans une ambiance assez anxiogène qui va certainement rendre claustrophobe les lecteurs. En plus d’un décor noir, on est plongé dans l’esprit torturé de Jessica, qui non seulement ne comprend pas ce qui lui arrive mais qui en plus redécouvre petit à petit son passé. L’incompréhension est omniprésente. On avance épreuve par épreuve, en même temps que Jessica. Ce point de vue interne, les étapes qui s’enchaînent et les décors lugubres participent à nous plonger dans un univers angoissant mais très addictif.

Le flou se lève petit à petit sur La Tour et l’histoire de Jessica est dévoilée. Je ne veux pas vous dire de quoi il retourne mais c’est un sujet que je n’avais encore jamais croisé auparavant dans mes lectures du même genre. Plus en avance dans le récit et plus on se rend compte que tout n’est pas forcément tout blanc ou tout noir. Parfois, on se retrouve dans une situation que chacun verra avec une nuance différente et qui n’est pas solvable de manière évidente. C’est le cas de Jessica.

L’auteure a incorporé à son récit une réflexion sur des notions qui nous touchent tous. J’ai parfois eu l’impression de lire un essai visant à faire passer un message aux lecteurs. Je trouve qu’il en ressort un très beau message de tolérance et de paix que je partage entièrement. Parfois, il ne faut pas s’arrêter aux préjugés et chercher à aller voir un peu plus loin que le bout de son nez pour se faire un avis. Il ne faut pas s’arrêter aux faits seulement. L’univers développé par La Tour est un très bon vecteur pour donner des pistes de réflexions qui vont dans ce sens. J’ai énormément aimé ce côté-là du récit, notamment parce qu’il y a rarement autant de fond dans les romans Young Adult.

Je ne vais pas épiloguer 107 ans. La Tour est réellement un livre que je conseille, pour bien des raisons : l’intrigue originale, l’univers angoissant, le rythme soutenu, la mise en danger des personnages, la réflexion de fond plus qu’intéressante, l’écriture complètement addictive de l’auteure, etc. C’est le genre d’histoire qui marquent et qui restent dans un coin de la tête pendant longtemps.

Je lui ai mis :

FICHE TECHNIQUE :

Titre : La Tour
Auteure : Cécile Duquenne
Éditions : Audoédité (4 juillet 2015)
2,99€
101 pages 
Extrait : "Ils ne s'en rendent pas compte, mais nous n'avons ni à boire ni à manger, et il fait froid, et d'ici une minuscule poignée d'heures à peine, l'un ou l'autre, ou l'ensemble de ces éléments deviendra un problème potentiellement mortel, à court ou à long terme. Il faut donc aller au plus rapide et au plus accessible.
Parce qu'on a beau être sortis de la tourbe, on est toujours dans la merde jusqu'au cou.
"

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