L'interview du mois : Céline Landressie, l'auteure de la saga Rose Morte

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Pour cette deuxième édition de l'interview du mois, j'ai choisi d'aller frapper à la porte d'une auteure française que j'aime tout particulièrement, notamment pour sa plume magnifique : Céline Landressie !


Bonjour Céline Landressie ! 

Vous êtes une auteure française assez mystérieuse puisque peu d’informations circulent sur vous. Ayant quitté l’école très jeune, on sait que vous êtes autodidacte, notamment en matière d’écriture. Vous  êtes connue pour votre saga historico-fantastique, Rose Morte, publiée aux éditions de L’Homme Sans Nom. Grâce aux trois premiers tomes déjà parus, vous rencontrez un franc succès auprès du public, et quelque chose me dit que ce n’est pas prêt de s’arrêter …

Pouvez-vous lever le mystère et nous en dire un peu plus sur vous ?
Tout d’abord, merci beaucoup pour cette entrée en matière aux si jolis compliments (puissent-ils être prophétiques ^^’’ !).
Alors... mystérieuse, vraiment ? Hum, peut-être suis-je assez peu communicative, en effet ^^’. Les réseaux sociaux ne sont pas mes outils favoris – même s’il est quasi-obligatoire d’y être, de nos jours, lorsque l’on exerce une activité artistique. De surcroît, je n’apprécie pas vraiment de parler de ma petite personne, moins encore de me mettre en scène sur la place publique. Puis, Facebook (pour s’en arrêter à ce réseau particulier), c’est le fast-food de la communication : vite lu, vite « liké », vite zappé. Cette plateforme est certes fort pratique, mais elle est aussi mère de trop nombreuses dérives, à mon goût. D’ailleurs, s’il n’y avait pas mes admins (encore merci les filles !), j’aurais probablement laissé mourir la page de la saga. Durant un long moment j’ai essayé de me plier à la contrainte « facebook », puisque je sais l’importance que ça a dans mon métier, mais je n’aime vraiment pas cela. En termes de plateformes d’échange avec le lectorat, je préfère de très loin les forums, où les intervenants sont vraiment lus, où chacun à tout le temps de s’exprimer, et où on échappe au côté « déballage tous azimuts » qu’autorise FB.
C’est pour ces raisons que je me suis finalement décidée à ouvrir un (tout petit) forum, dédié aux lecteurs qui auraient envie de converser entre eux, ou avec moi :)
 Je suppose que tout cela fait de moi quelqu’un de (très) discret, mais ça me va bien comme ça.
Que vous dire de plus me concernant ? Eh bien… il semble que je sois une perfectionniste maladive, ainsi que fort pointilleuse. En matière d’écriture, je sais exactement ce que je fais, où je veux aller, ce que je désire exprimer, et par quel chemin je veux passer pour y parvenir. Rien ne peut me détourner de ce que je considère être nécessaire pour le texte. Je suis plutôt du genre inamovible sur ces différents points ^^’’’

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de raconter les aventures de Rose ? Comment est née cette saga ?
L’idée a germé étrangement, je dois dire. Au détour d’un jeu vidéo, durant la création d’un avatar (lady Rose, pour ne rien vous cacher). Le moins que l’on puisse dire est que je ne m’y attendais pas du tout. En quelques jours, le personnage, son destin, l’univers, l’histoire en elle-même avaient pris une telle place que je dus me résoudre à la coucher par écrit. Quelques jours supplémentaires, et j’ai compris que non seulement cela nécessitait d’en faire un roman, mais carrément une saga. Inutile de dire que ça m’a donné un peu le tournis. Pour quelqu’un qui n’avais écrit que des nouvelles, et qui avait tout jeté par-dessus le marché (car n’estimant pas le résultat suffisamment bon), c’était un sacré pas à franchir.

Rose Morte prend place dans un contexte historique bien précis, la toute fin du XVIème siècle en France. Pourquoi avoir choisi cette époque-ci ? C’est votre période préférée de l’Histoire ?
Pas du tout, non ^^’ C’est une sorte d’obligation scénaristique qui m’a conduite jusqu’au XVIème siècle. Disons que lorsque l’idée de la saga a germé dans mon esprit, elle l’a fait à l’aube de ce qui est désormais… le quatrième tome, en cours d’écriture.  C’est en déroulant l’écheveau de l’univers - à compter de ce point-ci - que je dus me rendre à l’évidence : le voyage commençait sous le règne d’Henri IV. J’ai hésité un moment avant d’assumer cette contrainte car je ne connaissais presque rien du XVIème siècle. Puisqu’il n’était pas question de rédiger de « l’à peu près », cela supposait des mois de recherches pour me documenter suffisamment. J’ai réfléchi quelques temps, puis je me suis lancée. A l’époque, il me semblait que cette voie était la seule possible pour poser les bases des personnages, et de leurs destinées. J’en suis davantage convaincue encore aujourd’hui :)

Rose, votre héroïne, est une femme au caractère assez avant-gardiste à une époque qui ne permet pas tant de libertés aux femmes. Est-ce que vous êtes aussi indépendante qu’elle ?
C’est difficile de s’évaluer soi-même sur de tels aspects. Je n’ai pas la sensation d’être aussi avant-gardiste qu’elle peut l’être. Indépendante… si on retient surtout de l’indépendance d’esprit, alors probablement un peu, oui. Disons que j’ai un certain nombre de valeurs fortes qui me dirigent, et c’est vrai que je ne transige pas avec cela. Ce qui peut, selon les circonstances, aboutir à des prises de positions du genre… béton armé ^^’

Quelles sont vos inspirations pour Rose Morte ? Personnellement, j’ai eu l’impression de retrouver un peu des aventures de Sherlock Holmes …
Vous n’êtes pas tombée loin ! J’aime beaucoup les aventures de son homologue belge, Hercule Poirot, qui prit corps sous la plume d’Agatha Christie. Il y a une bonne part d’enquête (voire de quête) au sein des Rose Morte, en effet ^^
Quant à mes inspirations, elles sont multiples, éclectiques. Mais, elles résident avant tout dans la vie telle que nous la connaissons, ainsi que dans l’humain, et les relations humaines. Avec tout ce que cela peut comprendre de beau et de d’encourageant, ou de totalement injuste et écœurant.

En vous lisant, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de votre écriture et le vocabulaire extrêmement riche que vous employez. D’où est-ce que ça vous vient ?
Je l’ignore. C’est juste comme ça. Dans le cas des Rose Morte, il faut considérer que cela tient aussi à l’ambiance historique requise par le texte. J’ai « vieilli » ma plume dans le premier tome, par exemple, afin de coller à la période au maximum.
Si je devais rédiger un roman dans un cadre plus actuel, les tournures seraient nécessairement plus modernes. D’ailleurs, au fil des tomes, la narration s’adapte à l’époque sur certains aspects, car c’est un outil précieux (voire le seul outil) pour donner au texte l’empreinte, l’ambiance voulue. Cela dit, dans l’hypothèse d’un roman purement contemporain, je ne crois pas que mon style varierait tant que ça, parce que c’est ma façon d’écrire. Chaque auteur à sa manière de rédiger, son style personnel. C’est précisément ce qui rend la lecture si intéressante. Si tous écrivaient de la même manière, ça deviendrait vite d’une fadeur déprimante, non ^^ ?
Puis, notre langue est riche et porteuse d’une belle musicalité, pour peu que l’on se donne la peine de la travailler. Le français est une langue vivante. La clé étant dans ce dernier terme : vivante. Cela sous-entend que la langue évolue, varie, mute, et qu’aucune de ses branches ne s’est réellement éteinte. Alors je ne vois aucune raison de ne pas user de toutes les ressources qu’elle propose, même les plus élaborées. À moins bien sûr de chercher sciemment à raboter le niveau global. Or, il s’avère que je ne prends pas mes lecteurs pour des andouilles :))

En général, il y a deux sortes d’auteurs : ceux qui planifie tout leur récit à l’avance et ceux qui écrivent sous le coup de l’inspiration. Vous vous situeriez comment ?
Dans la première catégorie, pour un large pourcentage. Je ne planifie pas tout non plus, cependant, les grandes lignes et une bonne partie des moyennes (si j’ose dire) sont déjà posées. Pour ce qui est des « petites lignes, » je laisse les personnages les écrire eux-mêmes. Si, si ^^ C’est la magie de l’écriture. A force, les personnages ont une vie propre, ils réagissent selon leur caractère, leur psyché, leurs valeurs. Il suffit alors de les « regarder faire », et de consigner leurs réactions… Oui bon, ça paraît un peu fou dit comme ça, mais c’est pourtant ainsi que ça se passe. Enfin, pour moi en tout cas.

Et pour finir, si vous deviez vous réincarner, ce serait en … ?
En ce moment, en aigle. Pour me détacher des turpitudes de l’humanité, et ne plus côtoyer que le ciel. Lequel ne risque jamais de faire défaut.

Merci beaucoup Céline !
Non, merci à vous :)

Le site de l’auteur : http://celinelandressie.fr/

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