Chronique - The Book of Ivy, tome 1 d'Amy Engel

book-of-ivy-amy-engel-lumen

The Book of Ivy d’Amy Engel est certainement l’une des dystopies qui a fait le plus parlée d’elle cette année. Malgré sa sortie très récente, cette duologie a été placée par les lecteurs dans le top 10 du genre réalisée par Les Lectures de NiNe en juin dernier. Tout le monde est dithyrambique à propos de ce livre. Comment donc passer à côté ?

Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.
Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur
?

The Book of Ivy se place dans le lignée des Hunger Games et autres Divergent. On se trouve dans un avenir post-apocalyptique, une Amérique détruite par une guerre nucléaire et réduite à une ville vivant en autarcie complète et grâce à un régime politique drastique. Jusque-là, rien de bien extraordinaire me direz-vous. C’était sans compter sur trois éléments forts déployés par Amy Engel.

D’abord, son écriture est très facile d’accès et plutôt réaliste. Le livre est court, mais les pages défilent très vite. Le rythme de l’histoire est assez bon, même si on en faisant le bilan je me suis rendue compte qu’il ne se passe pas grand-chose finalement. Pourtant, j’ai été happée par l’intrigue et c’est certainement dû aux personnages.

C’est le deuxième point fort du roman : l’auteur a su rendre ses protagonistes très réels, avec de vraies émotions auxquelles ont peu s’identifier rapidement. Ivy est une ado comme les autres, faisant confiance à son père et à sa grande sœur. Malheureusement tout son monde s’écroule quand elle comprend qu’elle n’est que le pion d’un jeu bien plus malsain qu’elle le pensait. Heureusement, elle parvient à se détacher de toute influence et se faire sa propre opinion.

Bishop est aussi très intéressant. J’ai adoré voir sa relation avec Ivy évoluer. J’ai aussi beaucoup aimé son caractère et sa prise de position. Je comprends maintenant pourquoi il apparait comme le gendre idéal pour beaucoup de lecteurs. Au-delà de ce duo principal, les personnages secondaires sont aussi très bien faits, chacun avec leur caractère et leurs particularités. Il y en a peu, mais tout s’articule très bien.

On en vient à ce qui m’a le plus plu dans ce premier opus : le fait que ce soit une vraie dystopie. Souvent, dans la littérature jeunesse produite depuis quelques années, on pose un cadre vaguement dystopique pour se concentrer plutôt sur les personnages et leurs romances, laissant finalement assez peu de place aux réels enjeux politiques qui en découle. Ici, The Book of Ivy met en scène ses protagonistes dans des situations qui servent de prétexte à nous faire réfléchir sur ce qu’implique vraiment un gouvernement de la sorte.

Des questions de sociétés, de moral et de justice sont posées, à peine dissimulées. Quelle est la place de la femme dans la société ? La justice peut-elle répondre à tous les crimes de la même manière ? Qu’est-ce qu’une bonne démocratie ? Quelle en sont les limites ? Est-ce que ce qu’on nous impose n’est pas finalement le meilleur ? Pour quelles causes se battre ? Est-ce que les enjeux politiques doivent passer avant tout le reste, même sa propre famille ?

J’ai trouvé que le fait de poser toutes ses questions et de les mettre en situations était vraiment très bien joué. Le roman propose une vraie réflexion à un public plutôt jeune, donc dont la pensée est en train de se former. J’ai adoré cet aspect-là de l’histoire et pour moi, c’est ce qui fait de The Book of Ivy une très bonne dystopie.

 
Avec ce roman, je ne suis pas passée loin du coup de cœur. Après une année livresque un peu chaotique marquée par beaucoup d’abandon, j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver un style qui me plait et qui me parle.

Je lui ai mis : 


FICHE TECHNIQUE :

book-of-ivy-amy-engel-lumenTitre : The Book of Ivy
Saga : The Book of Ivy
Auteure : Amy Engel
Éditions : Lumen (5 mars 2015)
341 pages
15€
Extrait : Il laisse échapper un soupire, s'avance d'un pas vers moi. L'entrée est si étroite que je me retrouve immobilisée entre le mur et son corps, la chaleur émanant de lui ondoie par vagues. "Ouais" dit-il d'une voix basse. " Je ressens des choses". Ses yeux verts sont brûlants. C'est l'émotion la plus intense que je ne lui ai jamais connue, et j'ai du mal à respirer pleinement tant mes poumons sont compressés par la tension. " C'est justement ça le problème, Ivy. Je veux que tu les ressentent aussi. "

Partage !

6 petits mots

  1. moi aussi j'avais adoré ce livre ! malheureusement, je n'ai pas pu en profiter comme j'aurais pu puisque des événements sont arrivé dans ma famille, mais sinon je suis presque sûr que j'aurais mis un coup de coeur ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te souhaite de te rattraper avec le second tome ! En espérant qu'il soit aussi bon que le premier ^^

      Supprimer
  2. J'avais passé un très bon moment quand je l'avais lu et finalement je pense que c'est un coup de coeur parce que j'ai vraiment plus qu'aimer ! Quand j'y pense, je me souviens de toute l'histoire. Ca m'a marquée ! J'ai hâte de lire la suite ! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis pareille. Et quelle fin ! Je me demande bien comment Ivy va se sortir de tout ça ! J'ai très hâte de connaitre la suite :P

      Supprimer
  3. Je ne l'ai toujours pas lue mais il faudrait vraiment que je le commence surtout que comme tu le dis si bien : cette dystopie a beaucoup fait parler d'elle.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Très honnêtement, je pensais que son succès tenait à la grande opération promo qu'il y a eu autour, mais je me suis rendue compte qu'en fait ce roman valait vraiment le coup ! Je te le conseille vivement. :)

      Supprimer