Chronique n°127 - Carnets de thèse de Tiphaine Rivière, immersion totale garantie !


Ce mois-ci, j’ai eu l’occasion de fêter plein de choses : mon anniversaire, la fin de mon master et l’obtention de ma bourse de thèse. À cette occasion, j’ai reçu quelques petits cadeaux, dont Carnets de thèse de Tiphaine Rivière, offert par des amis étudiants pour m’encourager dans mon troisième cycle universitaire. Il s’agit d’un roman graphique dans lequel une doctorante met en scène son quotidien. Rigolade garantie !

Quand une jeune enseignante quitte son collège de ZEP pour se lancer, euphorique, dans une thèse, elle n’imagine pas le chemin de croix sur lequel elle s’engage…
Autour de Jeanne défile l’univers des thésards : le directeur de recherche charismatique, expert dans l’art d’esquiver les doctorants qui attendent fébrilement la lecture de leurs pavés ; la secrétaire usant de toute l’étendue de son pouvoir d’inertie dans le traitement des dossiers dont on l’accable ; les colloques soporifiques où sont livrés en pâture les aspirants chercheurs ; les amphis bondés de première année devant lesquels ils s’aguerrissent en étrennant des cours laborieux payés au semestre et dont ils recueillent les fruits dans des copies désarmantes de candeur ; la jungle de la compétition académique et le dénuement d’une université malmenée ; la famille et les amis qui n’y comprennent rien ; l’infortuné compagnon endurant par procuration le calvaire de cette thèse qui n’en finit pas…
À la manière d’un récit d’apprentissage, avec drôlerie et finesse, ce roman graphique raconte le quotidien de doctorants qu’on compte aujourd’hui en France par dizaines de milliers et qui, comme Jeanne, poursuivent leur recherche comme une quête existentielle. Vous en connaissez forcément. Après avoir lu ce livre, vous ne leur demanderez plus : « Alors, cette thèse ? »


Pas besoin de lire la quatrième de couverture, Carnets de Thèse porte bien son nom. On y découvre …, qui abandonne l’éducation nationale pour réaliser son rêve : faire une thèse en littérature, sur Kafka. Son quotidien, avec les hauts et les bas, nous est raconté en dessins.

J’ai aimé le réalisme des situations dans lesquelles notre anti-héroïne se retrouve. Même si elles paraissent parfois rocambolesques, je peux vous affirmer que c’est du vrai pur jus, parce que j’en ai moi-même vécu quelques-unes très ressemblantes. Le trait n’est qu’à peine grossit.


Je pense que c’est là le point fort de ce roman graphique parce que tout le monde y trouvera son compte. Les personnes n’ayant pas fait de recherches universitaires riront volontiers des déboires d’Emma. Ceux qui y sont passé souriront aussi certainement, mais avec un point de nostalgie, voire d’amertume.

Parce qu’au-delà d’amuser la galerie, ces tranchants de vie abordent aussi de nombreuses thématiques liées aux grandes études : l’administration labyrinthique, l’indifférence de certains profs, les soucis financiers, la mise en péril du couple, l’incompréhension de la famille … Il faut se le dire, faire de longues études est parfois souvent une longue traversée du désert, ponctuée de même plus réjouissants (et heureusement, sinon on ne tiendrait pas !).


L’humour est bien évidemment de mise, même et surtout dans les situations les plus noires. Malgré la difficulté de soutenir une thèse, qui est bien mise en avant dans cet ouvrage, à aucun moment on ne se dit que ça ne vaut pas le coup. Tiphaine Rivière a parfaitement su traité le sujet pour qu’on ne ressorte pas de cette lecture dégouté par le milieu universitaire.

J’ai aimé cette lecture parce que je m’y suis retrouvée. Elle est criante de vérité et aborde des situations difficiles par le rire. Je trouve personnellement que la condition étudiante n’est pas suffisamment abordée (malgré la mine d’or qu’elle propose). Que ce soit dans les média ou dans la littérature, l’étudiant est toujours celui qui passe en dernier. Carnets de thèse le met à l’honneur et l’élève même au rang de héros. Cette lecture a été une bouffée d’air frais dans ma vie comme dans ma PAL.


Petit bonus : Tiphaine Rivière propose à la fin de son roman une liste de blogs et pages internet mettant en scène la vie des doctorants. S’ils sont aussi drôles que Carnets de Thèse, je pense que vous en entendrez parler d’ici peu !

Je lui ai mis :


Infos pratiques :



Titre : Carnets de thèse
Auteure : Tiphaine Rivière
Editions : Seuil (20 mars 2015)
179 pages 
19,90 €






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4 petits mots

  1. Elle me tente bien cette BD, elle a l'air très drôle ! Et ça peut être un exutoire pas mal en pleine préparation de mon concours d'avocat haha

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    1. Oui je te la conseille. Elle est drôle et te fera passer un bon moment ! ^^

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  2. ho ça doit être drôle cette bd. Et puis juste la couverture elle est déjà magnifique.

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    1. Oui, c'est vraiment pas mal. Et les dessins sont top !

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