Les Fiancés de l'hiver, hymne au merveilleux

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J’ai mis beaucoup de temps avant de me lancer dans la lecture de la Passe-Miroir, mais après le déferlement de coups de cœur sur la blogo, j’ai fini par céder. J’ai enfin rencontré Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos et son hymne merveilleux.
Une fois n’est pas coutume, c’est moi qui vais te faire le résumé du livre. Tu vas voir ça vaut le détour.
Dans les grandes lignes, ça parle du mariage forcé d’une jeune liseuse animiste. Si tu ne sais pas ce qu’est une liseuse, ou une animiste, ou les deux, t’inquiète. Tout est hyper bien expliqué dans le bouquin (je reviendrai là-dessus plus tard).
Ophélie, notre héroïne et fiancée, a déjà décliné les propositions de mariage de deux de ses cousins. Oui parce que chez elle, tout le monde est le cousin de tout le monde, et ils se marient tous entre eux. Bref, là elle n’a plus le choix. Elle est obligée de suivre un grand blond sec et acariâtre dans une région austère et hostile, nommée le Pôle, pour se marier avec lui. Génial !
Passé le froid, la neige et l’accueil glacial de sa belle-famille, Ophélie se rend compte qu’elle va devoir s’adapter à une société qui se nourrit d’intrigues de cours et d’apparences trompeuses. Ça lui fait dire que finalement, se marier avec un de ses cousins aurait peut-être été mieux.
Évidemment, je caricature un peu (quoique …), histoire de me démarquer de ce que tu as déjà pu lire à droite et à gauche. Il est inutile de te présenter la saga tellement tout le monde en a parlé partout, notamment Émilie de la chaîne Bulledop dans chacune de ses vidéos ou presque (ouuuuh la vilaine boutade !). 

C’est d’ailleurs cette booktubeuse qui m’a fait craquer en organisant une lecture commune autour des deux premiers tomes parus de la saga. L’hiver s’installant, j’ai été très contente de lire Les Fiancés de l’hiver à la mi-décembre.

Quelques longueurs

Avant de commencer je me suis mise au défi de lire 10 % du volume par jour. Je voulais éviter l’essoufflement que je ressens parfois quand il y a trop de pages. Le livre fait 600 pages quand même dans sa version poche … Avec le recul, je me rends  que c’était une très bonne idée de me lancer de challenge parce que malheureusement, j’ai trouvé quelques longueurs dans le texte. 

Christelle Dabos prend le temps de construire patiemment son univers avec beaucoup de détails. Ses descriptions sont précises et interviennent tout au long de ce premier tome. C’est d’abord très agréable puisque sa mythologie est complexe, mais j’ai eu envie de plus de dynamisme par la suite. 

L’effet de longueur est accentué par le fait qu’Ophélie est spectatrice de l’intrigue pendant les deux tiers du roman. Tout ce qui lui arrive ou presque est décidé à sa place. La passivité de l’héroïne plus l’action très ponctuelle ont fait que certains passages ne sont pas vraiment indispensables à son avis. J’ai eu l’impression de lire une version longue bourrée de ad-on réservés aux ultra-fans.

Un style délicieux


Pourtant, tout ça n’a absolument pas gâché ma lecture. Même si je me suis languie de l’action que l’action se mette en route (et ça arrive à partir du dernier tiers du roman), la plume de l’auteur a su me faire patienter tellement elle est légère et fluide. J’irai même jusqu’à dire que le style est raffiné, un qualificatif que je n’avais encore jamais employé pour un roman de ce genre. 

Christelle Dabos pousse le détail jusqu’au bout en incluant quelques inventions et expressions de son cru. J’offre une mention spéciale au « patois » des animistes qui m’a beaucoup fait rire. Je pense garder en mémoire quelques exclamations  et grossièretés particulièrement bien trouvées !

De l’originalité !


Pour ce qui est de l’histoire, l’auteur sait ménager ses effets. La mise en place de tout ce décorum sert très bien l’intrigue. A grands coups de révélations et de retournements de situation, les dernières pages sont complètement addictives, à tel point qu’on en veut encore, même si c’est pour voir Ophélie encaisser les déconvenues sans réagir. 

L’originalité de l’univers est pour beaucoup dans le sentiment de fraicheur que m’a laissé cette lecture. On sent que les influences sont multiples et le mélange est très réussi. Pour moi, le résultat relève carrément du merveilleux, avec son lot de magie et d’écarquillement.

Lire les Fiancés de l’Hiver, c’est un peu comme plonger sa main dans une boite de chocolat. On commence par en prendre un, qu’on ne trouve pas forcément terrible. Puis on en prend un deuxième, juste pour la gourmande. Et on finit par dévorer la boite entière en se disant qu’avec le recul, c’était vraiment pas mal. 

Heureusement pour nous, le tome 2 de La Passe-Miroir est déjà disponible, publié sous le joli des Disparus du Clairedelune. A vos libraires, il serait bien dommage de passer à côté de cette pépite !  

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La Passe-Miroir, tome 1 : Les Fiancés de l'Hiver de Christelle Dabos
Publié chez Gallimard (2013)
18 € - 528 pages


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3 petits mots

  1. Encore un joli son de cloche à propos de cet ouvrage ! Il faudrait vraiment que je m'y mette moi aussi... Oh, et bonne année vous deux :)

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  2. J'ai beaucoup aimé aussi. J'ai d'ailleurs enfilé les deux premiers tomes l'un après l'autre. Je trouve l'univers très très inventif. Il y avait longtemps qu'un roman YA ne m'avait pas autant plu.

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  3. De ce roman je retiens surtout les longueurs et les promesses non tenues (les superpouvoirs de l'héroïne par exemple). Bref j'ai été déçu, dommage!

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