L'Assassin royal, une notoriété surfaite ?

assassin-royal-robin-hobb

S'il y a bien un classique de la Fantasy que tout le monde ou presque a lu, c'est L'Assassin royal de Robin Hobb. Tu le sais, je voue un culte à cette autrice. Pourtant j'ai mis des années à lire le premier cycle de sa saga emblématique. Pourquoi ? Parce qu'à mon avis, ce n'est clairement pas son œuvre la meilleure. Je trouve la notoriété de L'Assassin royal légèrement surfaite. 
Résumé :
Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant - par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'égide du maître d'écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que Fitz reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L' enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame...

Fitz n'est quasiment plus à présenter. C'est lui, l'assassin royal, le bâtard des Longvoyant qui va devoir faire le sale boulot à la place de son roi. Robin Hobb commence son récit dès le berceau et nous fait suivre la formation, les premiers meurtres et les nombreuses aventures de son héros malgré lui. 

Je dirai que la puissance de cette œuvre ne réside pas tant dans son protagoniste que dans la construction complexe de son univers. C'est le point fort de l'autrice, sa capacité à inventer un monde entier, dense et intéressant où s'imbriquent luttes de pouvoir, trésors perdus et mythes extraordinaires. Avec Fitz, on découvre l'histoire des Six Duchés et les intrigues de cours qui affaiblissent un royaume en guerre contre l'envahisseur.

Le héros est forcé à se débattre, dupe d'un entourage qui ne lui veut pas que du bien. J'ai consciencieusement choisi le mot "dupe" parce qu'on ne peut pas dire que Fitz est de ceux qui prennent des décisions. Il est balloté dans tous les sens jusqu'au bout des six volumes du découpage français du premier cycle. 

C'est après la lecture de La Reine Solitaire le mois dernier que je me suis faite cette réflexion : et si on  faisait beaucoup de bruit pour pas grand-chose autour de L'Assassin royal ? C'est le sentiment que me laissent ces années de combat acharné pour venir à bout de cette première partie de l'histoire.


six-duchés-assassin-royal-robin-hobb

Avant de t'expliquer ce qui me fait dire ça, je tiens à préciser que j'ai bien aimé cette lecture malgré tout. Le fait de voir grandir le personnage principal aide à l'empathie, de même que les commentaires du "lui du futur" en début de chapitre. Non décidément, ce n'est pas un problème d'intrigue, mais plutôt un souci de rythme. 

Je crois n'avoir jamais eu autant l'impression de patiner dans la semoule qu'avec ce cycle. Qu'est-ce que c'est long ! Robin Hobb n'est pas connue pour la vitalité de son action, mais là on atteint des sommets. Tellement que la guerre contre les pirates rouges semble ne plus en finir. 

L'autrice doit sa renommée au soin qu'elle porte à l'évolution de ses personnages et toute la dimension psychologique qu'elle leur accorde. Je pense notamment aux Cités des Anciens, un exemple de construction sur le long terme. Or ici, même si Fitz change en grandissant, on ne peut pas vraiment dire qu'il se révèle vraiment dans sa manière d'être. Il reste sous le joug d'autrui. 

L'action n'est pas non plus toujours au rendez-vous. Alors que Les Aventuriers de la Mer offre un récit particulièrement dense grâce à la croisée de nombreux destins, L'Assassin Royal ne propose une action que très ponctuelle, voire quasiment inexistante à certains moments. Non seulement Fitz n'évolue pas mais en plus il ne se passe pas grand chose. Ça pèse pas mal ... 

Comme tu peux le lire, c'est en comparaison avec les autres récits de Robin Hobb que j'affirme que la notoriété de L'Assassin royal me semble surfaite. J'ai adoré Les Aventuriers de la Mer et prends beaucoup de plaisir à lire Les Cités des Anciens. Alors certes la publication de la première saga de Fantasy de l'autrice à fait grand bruit parce que Robin Hobb est en fait Margaret (sexisme es-tu là ?) et que son histoire-monde se pose comme pilier du genre, mais ce n'est pas sa plus grande réussite. Il serait temps de se détacher de Fitz pour aller voir ce qui se passe du coté d'Althéa, Malta, Alise et Thymara (féministe tu deviendras). 

Je ne sais pas encore si je lirais le deuxième cycle de L'Assassin royal. Il me faudrait rassembler tout mon courage pour me lancer. Quoi que la perspective de lire la suite des aventures du fou me séduit beaucoup. Peut-être est-ce lui qui me fera à nouveau basculer du coté obscur de la force. Affaire à suivre ...


Tu as lu cette saga ? Tu penses quoi de ma théorie ?

.................................................
L'Assassin Royal de Robin HOBB
Premier cycle en 6 tomes et 2 intégrales chez divers éditeurs




Publié dans :

Partage !

2 petits mots

  1. Il est dans ma wish list depuis des siècles mais la tu me motives pas !
    Merci pour cet avis !
    Bon dimanche !

    RépondreSupprimer
  2. Je ne l'ai toujours pas lu mais ça me rassure de voir des critiques plus mitigées sur ce cycle : quand tout le monde semble aimer j'ai toujours l'impression d'être la seule à ne pas adhérer. Étonnamment, c'est ta chronique qui me donne le plus envie de découvrir cette saga !

    RépondreSupprimer