Child of Light : que la lumière soit avec toi !

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J’ai appris l’existence de Child of Light par hasard au printemps 2014 : Lindsey Stirling, une artiste américaine de dubstep que je suis sur Youtube, a interprété une de ses chansons, Shatter Me, cosplayée* en héroïne du jeu pour sa sortie. D’abord intriguée par cette petite reine rousse avec sa couronne et ses ailes en papier, j’ai découvert toute excitée ce nouveau conte vidéoludique.

Résumé (sans spoilers) :
Aurora, fille du duc d’Autriche, tombe un jour malade et glisse dans un profond sommeil. Elle se réveille dans le royaume magique de Lémuria, où le soleil, la lune et les étoiles ont été volées par la Reine Noire. Pour les récupérer et retrouver son père, elle est aidée dans sa quête par son ami luciole Igniculus et plusieurs compagnons qui la rejoignent sur sa route. Son allié le plus puissant ?
La lumière.

Une recette classique avec des ingrédients spéciaux

Child of Light est un RPG* alliant phases de plateformes et interfaces de combats. Il est très abordable pour les joueurs/ses peu expérimenté(e)s, et les confirmé(e)s devraient trouver comme moi du goût à un gameplay* qui, bien que classique – de la vie et du mana* à gérer, des sorts ou des attaques au corps‑à‑corps à lancer en tour par tour pour tuer les ennemis –, nous réjouit par son originalité graphique. Le style « aquarellé » des environnements est très beau et donne un peu l’impression d’être tombé dans un tableau, ou plutôt dans un songe flottant. La superbe musique instrumentale pour orchestre et piano composée par Cœur de Pirate accompagne le joueur au cours de son aventure : elle illustre à merveille toute l’émotion des scènes et la féerie des lieux. Coup de cœur personnel pour les costumes des personnages, crées en partenariat avec le Cirque du Soleil !

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Il ne faut cependant pas oublier que, derrière son équipe de conception réduite et ses différentes collaborations assez originales, se cache non pas un studio indépendant comme aimerait nous le faire croire la stratégie de communication développée autour du jeu, mais bien le géant français du jeu vidéo Ubisoft. Au-delà de cette opération marketing un peu manipulatrice, que nous révèle vraiment Child of Light ?

 « Une fillette née pour la gloire »

Child of Light a fait du bien à mon petit cœur de féministe : l’héroïne est badass et ne suit pas un parcours stéréotypé. De petite fille à jeune femme, on la voit ratatiner des monstres et affirmer ses convictions, grandir sans être contrainte par les clichés qu’on colle trop souvent à la peau des personnages féminins dans nos produits culturels. Comme dans Ori and the Blind Forest, des inspirations tirées des œuvres du studio Ghibli sont visibles dans la direction artistique et les thèmes évoqués, comme le respect et la protection de la nature, l’émancipation des personnages – en particulier féminins – et les mondes alternatifs.




D’autres problématiques dont le passage à l’âge adulte, la solitude, les liens familiaux et amicaux ou encore le courage face à l’adversité ponctuent l’aventure. Les différents et nombreux personnages secondaires illustrent ces différents aspects de la quête du héros – ou plutôt de l’héroïne – imposée plutôt que choisie par Aurora, qui va pourtant relever le défi avec bravoure… Mais non sans de nombreuses difficultés ! Les épreuves sont un sujet récurrent des conversations (toutes en rimes !) entre les personnages, et ont beaucoup d’échos dans la représentation des ennemis à combattre, de la beauté trompeuse à la laideur non dissimulée en passant par toutes les formes de l’adversité, illustrée par quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Le petit dernier, la lumière, peine d’abord à s’imposer, à l’image du personnage d’Aurora, pour mieux éclater dans toute sa puissance. Le Cinquième Élément, dîtes-vous ? Perdu, Child of Light !

Trop facile ?

Le jeu est donc accessible aux enfants et aux adultes autant dans sa jouabilité que dans son histoire et quelle que soit leur expérience dans les jeux vidéo. Une expérience coopérative est même possible grâce au personnage d’Igniculus : le multijoueur est cependant assez limité, l’action du deuxième joueur étant souvent bornée à manipuler la luciole pour débloquer des items* cachés ou éblouir les ennemis pendant les combats. À mon sens insuffisant pour un joueur régulier, cet aspect du jeu peut cependant se révéler utile pour une initiation.

J’ai également déploré le manque d’originalité des mécanismes de jeu, identiques du début à la fin de l’aventure, qui pourra lasser les plus astucieux d’entre vous. Child of Light est ainsi pour moi une superbe fenêtre sur le monde du RPG* pour les débutant(e)s et joueurs peu expérimenté(e)s, mais peut-être un peu étroite pour les habitué(e)s malgré le soin évident apporté à sa conception. Il est cependant facile de se laisser emporter et bercer par son atmosphère onirique et goûter au plaisir simple d’une expérience vidéoludique sans fioritures… même pour un/e hardcore gamer* !



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Child of Light,
développé par Ubisoft Montréal et produit par Ubisoft.
Disponible sur PC, PS3, PS4, PS Vita Wii U, Xbox 360 et Xbox One.
Version pour PC et autres consoles : 14,99 €.
Version pour PS Vita : 15,99 €.
 +7 ans.








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