La Belle et la Bête, enfin un Disney engagé ?

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Un peu comme tous les DisneyAddict nés dans les années 80/90, j’ai attendu avec beaucoup d’impatience la sortie de La Belle et la Bête dans sa version live action. Il faut dire que la promo a été intense et que les polémiques ont été nombreuses autour du sexisme et de l’homosexualité des personnages. Est-ce qu’on nous proposerait enfin un Disney engagé ?

À la fin du XVIIIe siècle, dans le château proche d'un petit village français, vivait un jeune prince capricieux, égoïste et insensible. Pour avoir refusé un abri à une fée déguisée en vieille mendiante, il est condamné à vivre sous l'apparence d'une bête monstrueuse jusqu'à ce qu'il puisse aimer une femme et s'en faire aimer en retour, ce qui le délivrerait du sortilège qui a frappé son château et ses habitants. Mais les années passent et la Bête perd peu à peu tout espoir de rompre un jour la malédiction.
Au village vit une belle jeune fille, rêveuse et romantique, nommée Belle. Courtisée par Gaston,un arrogant chasseur , qu'elle considère comme grossier et vaniteux, elle aide son vieux père , Maurice, un inventeur fantasque qui se perd dans la forêt et se réfugie dans le château de la Bête. Belle part à sa recherche, et conclut un pacte avec la Bête : la vie de son père contre la sienne. Prisonnière à son tour, elle découvre un monde magique et découvre peu à peu la Bête sous un autre jour.

Je fais partie de celles et ceux qui attendent depuis des années que Disney nous offre une histoire moderne s’affranchissant des pseudo-morales obsolètes et culpabilisantes qui caractérisent le dessin-animé depuis près d’un siècle. Je ne me suis jamais reconnue dans ces petits garçons qui ne pleurent jamais et ces petites filles qui ne rêvent que d’un prince charmant. Moi, je voudrais plutôt voir de l’égalité, de la tolérance et de l’optimisme.

La Belle et la Bête a toujours été l’un de mes préférés. Déjà dans sa version de 1991, sa réalisation est assez sobre concernant l’archétype de la princesse en détresse. Belle est indépendante, intelligente et courageuse, une bonne base pour en faire un live action sortant des sentiers battus. Arrivés en 2017, on se demande tous ce que Disney va en faire. Autant te dire que je les attendais au tournant !

Belle, une non-princesse féministe ?

C’est Emma Watson, figure internationale de la lutte contre le sexisme, qui a été castée pour incarner Belle. Je n’ai pu qu’approuver ce choix - et ce n’est pas uniquement la fan d’Hermione Granger qui le dit - qui m’a parue logique et judicieux dans le contexte actuel (bonjour Trump !).

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Encore fallait-il que le scénario ne parjure pas l’actrice … Et c’est plutôt réussi. Belle est toujours aussi réfléchie, voire même encore un peu plus anti-Gaston. Disney en fait une militante pour le droit à l’éducation des jeunes filles et une mécanicienne accomplie.

En plus d’avoir la tête bien faite, c’est elle qui sauve tout le monde en s’opposant au racisme et à la violence. Belle montre qu’en étant forte et courageuse, malgré ses faiblesses, on peut aller loin et prétendre à une vie heureuse. Le message est distillé de manière assez subtile mais quand même bien présent dans le film. Disney se féminise et ça fait plaisir.  

Le fameux moment gay

Il ne pouvait être question d’homosexualité dans un conte pour enfants sans que la censure montre le bout de son nez, et j’étais curieuse de voir par moi-même ce qui pouvait susciter à ce point l’indignation de certains. LeFou est incarné par Josh Gad et représente le premier personnage gay de l’histoire de Disney. Applaudissements ?

On passera sur le fait qu’il a fallu attendre 2017 pour que le sujet soit effleuré (et uniquement par le biais d’un personnage secondaire) et on retiendra que c’est l’une des plus belles réussites du film. Du larbin sans cervelle, l’homme à tout faire de Gaston s’offre le luxe de penser par lui-même en s’affranchissant de son gourou. C’est une magnifique évolution et une très agréable surprise.

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Pour ce qui est du fameux moment gay, Disney est tout de même resté très sobre, n’affichant l’homosexualité que par sous-entendus et attitudes indirectes. Le jeune public passera probablement à coté de certaines subtilités, ce qui saura rassurer les parents les plus homophobes. Même si on ne se trouve pas encore dans un scénario militant LGBT+, il y a du progrès et c’est tant mieux.

Un antiracisme assumé

Par contraste, ce que Disney assume parfaitement, c’est l’antiracisme de son film. Dès la première scène, j’ai été émerveillée par la diversité des ethnies présentes au casting. Certes, une majorité de blancs constitue le gros des troupes, mais l’accent est mis sur la multiracialité, tant parmi les villageois que chez les gens du château (et même si ce n’est pas crédible dans la France du XVIIIe siècle, OSEF !).

La question est même mise en avant à travers l’attitude abominable de Gaston. Luke Evans prête ses traits au grand méchant de l’histoire, un homme conservateur, misogyne et raciste (re-bonjour Trump !). Ce personnage se place en opposition totale avec les valeurs de Belle, dont la tolérance et l’ouverture d’esprit sont au cœur de la morale de l’histoire. 

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La cerise sur le gâteau arrive à la fin lorsqu’on découvre deux amours mixtes entre Garderobe (Audra McDonald) et Candenza (Stanley Tucci), ainsi qu'entre Lumière (Ewan McGregor) et Plumette (Gugu Mbatha-Raw). Une nouvelle fois, c’est anecdotique dans le sens où ces personnages sont secondaires mais il faut quand même le mentionner.

Comme tu peux le lire, le bilan est très positif pour La Belle et la Bête. Même si on n’est pas au bout de nos peines, il y a du chemin de parcouru depuis La Belle au bois dormant. Personnellement, j’attends de pied ferme le jour où je pourrais enfin regarder une histoire de princesse totalement affranchie de ces carcans liés au genre et à la sexualité, mais ça ne devrait plus tarder j’espère !

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La Belle et la Bête
Réalisé par Bill Condon 
Avec Emma Watson, Dan Stevens et Luke Evans 
Actuellement au cinéma




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7 petits mots

  1. J'aime, j'aiiiime J'AIIIIIME ton article ! Superbe débrief sur le film, ça le fait voir d'un autre œil, en espérant que Disney reste dans sa lancée ! (je trouve que ça fait plusieurs films/dessins animés qu'ils osent casser les stéréotypes, hallelujah !)

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    1. Merci ! Je suis bien d'accord, y'a de l'amélioration dans l'air. Les enfants vont peut-être un peu moins culpabiliser de ne pas rentrer dans les cases ! ^^

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  2. Superbe analyse!
    J'avoue que j'ai pas eu un coup de coeur pour le film en lui-même, mais je suis très sensible à ce qu'il y a autour de la simple histoire de la Belle et la Bête.

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    1. Merci ! C'est un bon médium pour faire passer des valeurs positifs oui :)

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  3. Super article ! Ta vision est hyper précise et je dois avouer que je n'avais perçu que les allusions sur l'homosexualité de l'ami de Gaston et je n'avais pas fais attention au reste. Grâce à toi j'apprécie encore plus le film et je le vois d'un autre oeil ! Merci beaucoup :D

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    1. Merci ! Je suis contente d'avoir pu t'aider à encore plus aimer le film :D

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  4. J'ai eu le même ressenti que toi en sortant de la salle de cinéma. Déjà que j'adorais La Belle et la bête mais là, je crois que je suis encore plus accro ;)

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