Du loser magnifique au héros à destin

 
Récemment, je suis allée voir Les Gardiens de la Galaxie vol. 2 au cinéma. Au-delà d’un franc moment de rigolade, ce film m’a amenée à réfléchir à la notion de héros et à ce que j’en attends. Peter Quill opère un virage à 180° en passant du loser magnifique au héros à destin, deux formules qui vendent bien mais qui sont diamétralement opposées. Pourtant, je ne me retrouve dans aucun des deux. Alors c’est quoi, ton héros idéal ?

Le loser magnifique

Dans le premier volume des Gardiens de la Galaxie, Peter Quill est ce qu’on appelle communément un « loser magnifique ». Il s’agit d’un héros qui est là un peu par hasard, dans une démarche un peu nonchalante. Il ne contrôle pas vraiment ce qui lui arrive mais peu importe, il y arrive quand même. Bizarrement, il s’agit souvent toujours d’un homme. Il n’est pas parfait, il est même un peu ringard et surtout il n’a pas de superpouvoirs ni de réelle mission. Bref, tu vois de quoi je parle, non ?

Le loser magnifique, c’est un peu un monsieur tout-le-monde (ou un cinglé, comme Jack Sparrow) à qui il arrive des choses extraordinaires. Les Gardiens de la Galaxie pousse le vice jusqu’à s’offrir une bande son des plus détonantes et un casting bankable. C’est la combinaison gagnante pour Disney qui redonne un coup de neuf à Marvel.




L’audience est particulièrement au rendez-vous dans les films qui mettent en scène un loser magnifique parce que ça fait rire et ça permet de s’identifier plus facilement. Parmi tous ces anti-héros, on peut nommer pêle-mêle les Blues Brothers, Jeffrey Lebowski, Kick-Ass, Gaylord Focker et bien d’autres. Le concept n’est pas nouveau. Il se murmure même que c’est Chaplin qui l’a inventé.

Le héros à destin

Le volume 2 des Gardiens de la Galaxie s’attache à éclaircir les origines obscures de Peter Quill. Dès le début du film, le voile est levé et de loser magnifique il passe de héros à destin. Je ne t’en dis pas plus sur l’intrigue, je n’aimerai pas te spoiler cette histoire sympa quoiqu’un peu banale.

Ce second type de protagoniste, c’est l’opposé de ce qu’on vient de voir. Il est né parce qu’il a une mission à accomplir, il est fort, il n’a pas le droit de défaillir et surtout il a des super-superpouvoirs de la mort qui tue (et aussi parfois une identité secrète, parce que l’anonymat c’est important). En gros, c’est l’archétype de celui que tout le monde rêve d’incarner (ou pas). Et même que parfois, on croise aussi quelques femmes ! #badass

Je ne sais pas si j’ai besoin de te donner des exemples comme Clark Kent (Superman),  John Clayton (Tarzan) ou encore Simba (là on est moins raciste, on accepte aussi les animaux). On tombe dans le cliché certes, mais le cliché qui fait toujours vendre, même après tant d’années.

Non à l’héroïsme facile

 



Personnellement, je ne trouve que rarement mon compte parmi tout ce qu’Hollywood nous propose actuellement. On tombe beaucoup trop souvent dans l’héroïsme facile à mon gout. Comme je le mentionnais, le loser magnifique s’en tire toujours, même s’il ne sait pas comment, et le héros à destin accomplit toujours son destin, comme son nom l’indique. C’est quand même dommage de s’enfermer si rapidement dans un scénario tout pré-pensé.

J’ai longtemps cru que c’était le happy-ending qui me dérangeait, mais finalement non, c’est le manque d’originalité dans la construction des personnages. Hollywood a créé des boites et en abuse depuis des décennies. Heureusement, le public semble s’en lasser. Peut-être que d’ici quelques années, les Bennet Omalu (Seul contre tous), entre autres, ne seront plus seulement l’objet de biopics mais feront l’objet de grosses productions les portant véritablement en héros. Ou peut-être que je rêve trop. Tout ce que je sais, c’est que même si je suis le public visé, je ne me contenterai pas de ce qu’on veut bien me donner.  

Mon héros idéal ?

Après tant de suspens, il va bien falloir que je t’en parle, de mon héros idéal. Je dois avouer que c’est une question épineuse. Tu as pu le lire, je n’aime pas les stéréotypes. Dans le fond, ce qui me ferait plaisir c’est qu’on sorte des sentiers battus et que pour une fois, on ose vraiment prendre des risques et miser sur l’intelligence de l’audimat. Proposer un personnage normale qui part de pas grand-chose mais qui y arrive à force de travail, ça m’émouvrai plus qu’un type qui lance des boules de feu en se prenant les pieds dans le tapis.  

 


En plus de ça, même si je peux parfaitement m’identifier à un homme, le paysage manque cruellement de femmes. Quand on daigne leur accorder un film, c’est plus pour faire du politiquement correct que pour réellement en faire des héroïnes. Je suis certaine que la petite Rey (Star Wars) va se voir offrir un fabuleux destin de derrière les fagots qui la décrédibilisera complètement, et que Wonder Woman ne va devoir son retentissement qu’à ses aisselles trop bien rasées. Il y a encore du chemin à faire, les gars !

Pour t’éclairer un peu, je peux te donner quatre exemples de héros/roïnes qui m’ont bien plu. Tu vas voir que souvent ils se placent entre le loser magnifique et le héros à destin. J’ai aimé Mulàn pour sa persévérance dans l’adversité, Bruce Wayne (Batman, version Nolan) pour sa quête initiatique hors du système, Christopher McCandless (Into The Wild) pour sa recherche de vérité et son chemin spirituel et Elizabeth Bennet (Orgueil et Préjugés) pour son intégrité à toute épreuve. Ils sont tous très différents mais ils ont un point commun : ils véhiculent un message positif et plein d’espoir.


Toi, tu es team loser magnifique ou team héros à destin ?


 


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