Les Disparus du Clairdelune, entre originalité et déception


L’hiver dernier, j’ai succombé à la folie du moment autour de La Passe-Miroir, le best-seller de Christelle Dabos dont tout le monde parle. Malgré un avis assez mitigé sur le tome 1, j’ai poursuivi avec le 2, joliment nommé les Disparus du Clairdelune. J’étais pleine d’attentes. Ma lecture a été entre originalité et déception.

Résumé (avec spoilers sur le tome 1) :
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Un univers fabuleux

Le monde dans lequel évolue Ophélie est ce qui me plait le plus dans cette histoire. C’est un mélange original de steampunk et de merveilleux que j’ai eu plaisir à retrouver. Les 1001 ascenseurs de la Citacielle, les pouvoirs des uns de des autres, les Bêtes menaçantes au dehors, l’ambiance y est bien particulière. Les détails sont très nombreux ce qui rend l’univers dense, presque palpable.

Dans ce deuxième opus, l’autrice approfondit également son histoire de fond. On en apprend plus sur la formation des arches et ce qu’il y avait avant la Déchirure. Les informations sont distillées au compte goutes. Je ne m’attendais pas à ce que l’intrigue prenne ce chemin et c’est une bonne surprise. Je suis curieuse de voir où est-ce que ça va nous mener.

Un rythme déséquilibré

Pourtant, ces informations capitales ne trouvent vraiment de sens que très tardivement dans ce tome. Je me suis rendue compte que nous n’avons accès aux véritables enjeux de la saga qu’à la toute fin, soit après plus de 1200 pages de récit … C’est long !

Ça m’a paru d’autant plus long que j’ai trouvé l’intrigue des Disparus du Clairlune assez fade et pas particulièrement pertinente. On peut très honnêtement dire que seuls les 20 derniers % du volume sont haletants et accrocheurs. Tout ce qui se passe avant n’a été pour moi que du décorum. Certes, Christel Dabos enrichie considérablement son monde, mais est-ce que ça n’aurait pas été plus judicieux de se concentrer un peu plus sur l’essentiel ?

J’avais eu exactement le même sentiment pour Les Fiancés de l’Hiver. La fin du premier tome suggérait une suite plus dans l’action et moins dans la passivité. J’ai été assez déçue de constater que ce n’était pas du tout le cas. Ce rythme totalement déséquilibré a mis une deuxième fois ma patience de lectrice à rude épreuve.


Une protagoniste détestable

Il n’y a pas que l’inaction qui m’a agacé dans Les Disparus du Clairdelune, il y a aussi Ophélie. Étant donné les résolutions qu’elle prend à la fin du tome 1, je m’étais dit qu’elle allait enfin prendre du caractère et s’affirmer. Si elle m’avait laissé de marbre auparavant, elle m’a carrément exaspérée cette fois-ci.

C’est assez rare que je réagisse négativement face à un personnage de fiction (Dolores Ombrage mise à part). Ophélie a fait fort en me faisant frôler l’abandon. Incapable de se prendre en main tout du long de l’histoire, elle subit la situation. Pire encore, elle constate que ce qu’elle subit n’énerve, mais ne fait rien. Y a-t-il plus désespérant ? Plusieurs fois j’aurai voulu la secouer, jusqu’à ses fameux 20 derniers % du volume qui lui offre un sursaut de bon sens.

Des personnages secondaires très intéressants

Heureusement, elle n’est pas la seule à évoluer dans ce monde extraordinaire. J’ai adoré en savoir plus sur l’histoire de Thorn, son passé et ses ambitions. Sa façade se craquelle et révèle une personnalité complexe et écorchée. J’ai beaucoup plus d’affection pour lui maintenant. Le scénario se répète pour Bérénilde qui se dévoile bien plus dans ce tome-ci. Je ne m’attendais pas à prendre ces deux-là en amitié et pourtant, ce sont eux qui me plaisent le plus.

Archibald, mon petit chouchou du tome 1, m’a un peu déçu en revanche. J’ai adoré sa légèreté en première partie mais il m’a manqué par la suite. Je trouve qu’il contrebalance bien la neutralité d’Ophélie mais après les derniers évènements, je ne pense pas retrouver ce qui m’avait tant plu. J’ai quand même hâte de voir ce que Christelle Dabos va en faire. L’évolution d’Archibald peut être vraiment très intéressante.

***

Malgré le rythme décousu et l’héroïne détestable de cette saga, je lire quand même la suite. J’admets que l’histoire de fond et la mythologie de l’autrice m’intrigue beaucoup. J’ai aussi très envie d’expérimenter tout le ressenti que cette lecture m’offre, positif comme négatif. Je constate que j’ai rarement eu à faire à un paradoxe aussi énorme. C’est perturbant mais j’ai envie d’aller jusqu’au bout !

Je te laisse avec le podcast de la chronique !



→ Ma chronique du tome précédent :
Les Fiancés de l'Hiver de Christelle Dabos
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La Passe-Miroir, tome 2 : Les Disparus du Clairdelune de Christelle Dabos
Éditions Gallimard Jeunesse (2015)
560 pages - 19 €





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