Final Fantasy VII : en route vers la nostalgie


Aujourd’hui, on va parler de mon grand amour du jeu vidéo, un classique parmi les classiques : Final Fantasy VII, le joyau de Square (aujourd’hui Square Enix) sorti en 1997. Une antiquité me direz-vous ? Peut-être, mais FF7 a posé les bases du jeu vidéo de rôle en bouleversant les codes établis, contribuant grandement au passage à l’immense succès de la PlayStation. Penchons-nous donc sur cette œuvre vidéoludique qui a forgé mon enfance, et reste un des plus grands RPG* de l’histoire du jeu vidéo.

Résumé :
À Midgar, le groupe de rebelles écologistes Avalanche recrute l’ex-soldat de première classe Cloud Strife pour les aider à détruire le réacteur Mako No. 1 appartenant à Shinra Inc., la méga-corporation qui dirige la ville et une bonne partie de la planète. Ils vont ensuite parcourir leur monde afin de continuer le combat contre la Shinra et sa volonté d’épuiser toutes ses ressources naturelles pour acquérir toujours plus de pouvoir et d’argent. Mais un ennemi encore bien plus puissant rôde…

Une œuvre d’anticipation cyberpunk

Vous l’avez compris, on est ici dans un contenu politiquement engagé, directement inspiré de l’état économique et technologique du Japon dans les années 80. L’histoire de Final Fantasy VII se passe dans un futur relativement proche du nôtre : nous sommes donc dans une œuvre d’anticipation, qui souhaite alerter son public face aux dangers de l’hyper-industrialisation et de l’exploitation à outrance des ressources naturelles… mais aussi face à l’ambition démesurée de certain.e.s puissant.e.s avides de toujours plus de pouvoir.

Sephiroth, l'ange à une aile... Un des plus grands méchants que le jeu vidéo nous ait donné !

Le « personnage » de la méga-corporation est un élément récurrent des œuvres cyberpunk. Dans FF7, c’est la Shinra Electric Power Company, ou Shinra Inc., qui a fait sa réussite en exploitant l’énergie Mako, une source primaire d’énergie glanée au sein de l’essence de la Planète appelée « Rivière de la Vie » : elle a ensuite pris le contrôle des médias et des instances politiques. L’exploitation irrationnelle des ressources naturelles amène à un épuisement général de la Nature que le groupe Avalanche, au centre de l’histoire, tente de combattre.




Les personnages sont nombreux à être cyniques et désabusés en raison du peu d’avenir de leur monde. En premier lieu : Cloud, le personnage principal, un jeune homme solitaire et marginal, mais aussi Barret par exemple, papa inquiet pour le futur qu’il pourra offrir à sa fille. On retrouve là les ingrédients principaux d’une dystopie, et à travers elle du genre cyberpunk : l’absence de perspectives d’avenir pour les personnages, une grande place accordée aux technologies, l’importance donnée aux anti-héros et l’omniprésence de méga-corporations. Les fans de cinéma reconnaîtront ces thématiques abordées dans Blade Runner ou Matrix notamment.

Une histoire captivante

Avec Final Fantasy VII, j’ai enfin l’occasion d’aborder les jeux japonais. Peu d’entre eux avaient été diffusés en Europe avant FF7, et ce jeu a ainsi participé à bouleverser les codes du jeu vidéo : un rapport très différent à la force et aux émotions, l’image dominante du anti-héros, des personnages féminins qui n’ont rien à envier à leurs homologues masculins, et même une ouverture vers les LGBTQI (une quête annexe permet d’organiser un rendez-vous amoureux entre Cloud, le personnage principal, et un autre membre de l’équipe… y compris Barret !)… En somme, ce jeu aborde des thématiques très éloignées de ce qu’on pouvait trouver à l’époque pour en termes de RPG*. Sa narration très riche et la psychologie développée des personnages ont à l’époque achevé de conquérir un large public. Une toute petite noirceur au tableau : la traduction des versions européennes a été tout simplement bâclée, donnant de véritables contresens par rapport à la version japonaise d’origine. Heureusement, le projet amateur de retraduction « Néo-Midgar » a vu le jour il y a une dizaine d’années, redonnant ses lettres de noblesse aux dialogues de FF7.

Comment ne pas se laisser séduire par cette 3D littéralement cubique, franchement ?

Il s’agit du premier Final Fantasy à employer la technologie 3D pour le rendu des graphismes, ce qui est une petite révolution à l’époque. Cependant, les dits graphismes ont aujourd’hui considérablement vieilli, et je ne reprocherais pas à ceux qui n’ont pas connu le jeu dans leur enfance d’avoir du mal à s’y plonger. Le rythme des combats, très lent en comparaison des jeux vidéo récents, donne également à FF7 un sacré coup de vieux !

En raison de la grande qualité des jeux Final Fantasy, il convient, comme pour les films, de mentionner le rôle primordial du réalisateur : ici c’est Yoshinori Kitase, auquel il faut adjoindre le célèbre nom d’Hironobu Sakaguchi, papa des précédents épisodes de la saga et initiateur du projet FF7. Nobuo Uematsu compose pour FF7 unebande originale sublime : tantôt mélancolique, tantôt épique, elle est parfaitement adaptée à la gravité de son histoire. Les morceaux ont depuis été adaptés pour piano et orchestre symphonique, leur donnant encore plus de magnificence.

Un univers toujours d’actualité

L’énorme succès critique et commercial du jeu a poussé le producteur Square à produire plusieurs suites et préquelles, donnant ainsi naissance à la « Compilation Final Fantasy VII », composée à ce jour de 4 jeux et 3 films (rien que ça !). Je ne les évoquerai pas tous en détail, recommandant seulement aux fans du jeu le film Advent Children, une merveille technique en images de synthèse sortie en 2005 et racontant ce qu’il se passe 2 ans après l’histoire du jeu (attention, vous passerez à côté d’une bonne partie du film si vous ne connaissez pas l’histoire d’origine). Je conseille également aux amateurs de lecture le superbe travail de décryptage et d’analyse du jeu, de sa genèse à ses suites, de Nicolas Courcier et Mehdi El Kanafi justement intitulé « La légende Final Fantasy VII », publié aux éditions Third.

Même en 2017, les graphismes d'Advent Children restent assez époustouflants !

Et le dernier projet en date est un remake où les graphismes et le gameplay* vont être totalement refondus afin de proposer une toute nouvelle aventure vidéoludique à partir de l’histoire d’origine. Annoncé à l’E3 de 2015, cet épisode qui verra le jour sur PlayStation 4 n’a pas encore de date de sortie. En attendant je vous laisse admirer les magnifiques premières images du jeu (à regarder en HD, de préférence !), qui personnellement me replongent dans la nostalgie de mon enfance. Sur ce, je retourne jouer au jeu d’origine en attendant la sortie de celui-ci, en souhaitant que le remake de Final Fantasy VII, qui a créé des milliers de fans nostalgiques à travers le monde, changera à son tour le visage du jeu vidéo actuel.

Le gameplay :

L’ambiance :


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Final Fantasy VII
Développé et édité par Square (Enix).
Disponible sur PlayStation et PC.
Version PC : 12,99 €.
Version PlayStation disponible d’occasion à prix variable.
+12 ans.







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