Dernières séances #1

Je regarde des films de plus en plus sporadiquement. Avec le temps, je les choisis avec davantage de minutie. Je me tourne vers des histoires profondes et humaines, ou du cinéma d’auteurs, bien loin des blockbusters hollywoodiens. Voici une petite sélection de ceux que j’ai vu et plus ou moins aimé en ce début d’année.


ascension-film

L’Ascension (2016)

De Ludovic Bernard avec Ahmed Sylla et Alice Belaïdi

« Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là... D’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… Par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. A la clé, un message d’espoir : à chacun d’inventer son avenir, puisque tout est possible.

Je l’avoue, je ne m’attendais à rien quand j’ai décidé de regarder ce film et j’ai été très agréablement surprise. Le pitch est très simple et c’est ce qui fait son efficacité. Ajoutez-y de l’humour, l’exotisme des montagnes népalaises et un héro convainquant. C’était un moment très agréable et même émouvant parfois. Quand on lit à la fin que l’histoire est en partie vraie, ce n’est que du bonus !

Captain Fantastic (2016)

De Matt Ross, avec Viggo Mortensen, Frank Langella et George MacKay

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

J’ai adoré ce film. Littéralement. Il est drôle, touchant, profond et remet en question beaucoup de mécanismes sociaux parfois complètement inconscients. Il soulève de vrais grands problèmes qui ne sont pas seulement propres aux USA. L’éducation donnée aux enfants est la thématique centrale, mais beaucoup d’autres sont abordées comme la mort, les secrets, la relation parent-enfant, l’alimentation, la place de chacun dans la société, les choix et les remises en question individuels. Les contrastes sont très forts entre la famille Cash et l’Occident en général. J’ai aimé l’évolution du regard du papa, impeccablement joué par Viggo Mortensen (comme d’habitude !). C’est un film à (re)voir absolument !



*** 


presidente

El presidente (2018)

De Santiago Mitre avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi et Erica Rivas 
Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’état latino-américains dans un hôtel isolé de la Cordillère des Andes, Hernán Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour conclure un accord primordial pour son pays.  

Ce film est vraiment ambivalent. Il est très réaliste du point de vue du contexte géopolitique sudaméricain. Les faits et les personnages sont fictifs, mais on pourrait réellement croire que c’est un récit historique. En revanche, l’intrigue tournant autour de la fille du président argentin est vraiment étrange, à la limite de la cohérence. Les deux histoires se développent en parallèle, de manière quasiment hermétique. La fin reste ouverte. Je ne sais toujours pas quoi pensé d’El presidente sinon qu’il m’a laissée perplexe.



*** 


lady-bird-ronan

Lady Bird (2018)

De Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf et Tracy Letts.
Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.  

En voilà un film qui ne ment pas sur l’adolescence. Lady Bird est un personnage fantastique, qui incarne un bon nombre de problématiques liées à l’adolescence, la quête de soi et l’émancipation parentale. J’ai aimé la justesse des mots et des situations. C’est une fresque drôle et sensible, qui n’omet rien de la difficulté de grandir. J’ai rarement vu une relation mère-fille dépeinte de cette manière, dure, sans filtre et avec beaucoup d’amour et de bienveillance. Quelle performance de Saoirse Ronan ! J’ai passé un excellent moment.

Normandie Nue (2018)

De Philippe Le Guay avec François Cluzet, Toby Jones et François-Xavier Demaison
Au Mêle sur Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n’est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son village… Le hasard veut que Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, soit de passage dans la région. Balbuzard y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun normand n’est d’accord pour se mettre à nu…

J’étais curieuse de voir ce qu’allait donner ce film. Habitant à côté de la Normandie, j’en ai entendu parler au moment de son tournage. Globalement, il se laisse regarder. Il est drôle et sans prétention. Je me rappelle avoir adoré « Les femmes du 6e étage », du même réalisateur, pour ses dialogues, sa poésie et son regard critique. Malheureusement, je n’ai pas trouvé le même charme à celui-ci. C’est un peu dommage.




Partage !

0 petits mots