Juste un peu de cendres, perturbant d'originalité

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A ma grande surprise, je suis ressortie de la librairie des Utopiales 2017 avec Juste un peu de cendres de Thomas Day et Aurélien Police. Ça a été un achat spontané, un petit craquage, une surprise dans ma PAL. A peine avais-je lu les noms des deux auteurs sur la (magnifique !) couverture que ce roman graphique était déjà dans mes priorités de lecture.

Quatrième de couverture :

Le monde est en danger. Problème : ils sont les seuls à le voir…
Ashley Torrance, dix-sept ans, a un secret. Elle voit des choses dont les autres n’ont pas conscience. De ses yeux vairons, elle peut déceler la véritable nature de certains individus. Derrière leur apparence humaine se cachent des êtres effrayants liés entre eux par des filins de cendre et comme habités par un feu obscur. Qui sont ces monstres et quel est leur but ? Sur internet, Ash rencontre Bruce et Sunny, des jeunes gens qui partagent le même pouvoir. Ensemble, ils décident de prendre la route pour retrouver un dénommé Pilgrim. Le seul qui semble savoir la vérité.
Entre road-movie à la Stephen King et fable d’apocalypse crépusculaire, Juste un peu de cendres est un récit à la fois violent et mélancolique, formant le miroir de la société de consommation américaine et de la décadence humaine. Après Wika, Thomas Day revient à la bande dessinée et associe sa plume à Aurélien Police, talentueux graphiste et illustrateur qui signe ici son premier album.

Aurélien Police, le déstructurant

J’ai feuilleté l’ouvrage durant le festival, en attendant qu’une conférence commence. J’ai été frappée par les graphismes très particuliers développés par Aurélien Police. A vrai dire, je n’en attendais pas moins. Je connaissais déjà cet artiste depuis quelques années. Il a réalisé de très nombreuses couvertures de romans, notamment pour les Editions Scrinéo. Sa patte est reconnaissable entre 1000. Pour te donner un exemple, je citerai Aeternia de Gabriel Katz. Est-ce que tu as vu (et lu) ces petites merveilles ?

Bref, je suis les travaux d’Aurélien Police depuis longtemps, en espérant très fort qu’un jour il se lance dans la réalisation d’une œuvre de plus grande ampleur. Mon souhait a été exhaussé et j’ai été très… désappointée ! Je savais qu’en ouvrant son roman graphique, j’y trouverai quelque chose d’original, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi déstructuré et aussi étrange.  On est très loin de ce que l’édition développe habituellement.

Aurélien Police réinvente presque tout. Exit les bulles et les vignettes, l’organisation de ses planches est aléatoire, mixte et très perturbante pour qui n’a jamais connu que les codes très marqués de la bande-dessinée ou du manga. Ses illustrations sont tout aussi intriguant. Tout est fait sur ordinateur en mélangeant dessins, trames et couleurs de manière à ce que le rendu fasse beaucoup pensé à des cinématiques de jeux vidéo. Au début, j’ai été beaucoup dérangée par ces visuels, et c’est ce qui m’a le plus plu dans cette lecture.
 

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Thomas Day, le frissonnant

Au-delà de l’aspect esthétique, l’histoire est étrange elle-aussi. Le pitch nous plonge dans une réalité tellement proche de la nôtre que quand le surnaturel arrive par petites touches insidieuses, le malaise s’installe progressivement, à la hauteur de ce que vit l’héroïne de l’histoire. Imagine un peu te retrouver face à un ouvrage dont le format, la construction visuelle et l’intrigue te trouble. C’est une expérience de lecture assez fascinante.

Au fil des pages, je me suis habituée aux traits d’Aurélien Police, tantôt flous, tantôt précis, et au récit de Thomas Day, fantastique et effrayant. Il y a une ambiance toute particulière qui se dégage de ce livre, quelque chose que je n’avais encore jamais connu ailleurs. Il n’y a rien de gore, pourtant j’ai frissonné plus d’une fois. J’en garde une impression forte d’être sortie de ma zone de confort et d’avoir fait face à beaucoup d’originalité et de passion.

Les planches ont très rapidement défilé sous mes yeux. L’histoire d’Ashley sert de prétexte à beaucoup de réflexions sur la société, les émotions, la misère et les autres. Les auteurs mettent leurs lecteurs devant la face cachée du monde occidental. Cette lecture est faite pour ceux qui n’ont pas peur d’être confronté à ce qui dérange.

Je vais m’en tenir là. Je ne détaille volontairement pas l’histoire, pour te laisser tout le loisir de la découvrir entièrement, comme moi. Ce roman graphique vaut vraiment le coup qu’on s’y attarde. Sans surprise, j’ai adoré les illustrations. J’ai aussi été conquise par l’intrigue, qui va bien au-delà de la seule aventure d’Ashley. Je crois que je relirai ce livre au moment d’Halloween. C’est une lecture parfaite pour se faire quelques frayeurs !


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Juste un peu de cendres
Thomas Day et Aurélie Police
Éditions Glénat, collection Comics (octobre 2017) 
128 pages - 17,95 €

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